Depuis la fin des travaux de la journée Nationale de lutte contre les séquelles de l’esclavage à Sélibaby le 6 mars, journée qui a été l’occasion de débats riches et sérieux, un certain nombre de problèmes aigus que notre association a toujours soulignés, ont retenu l’attention notamment :
Le problème foncier agricole et domanial ;


La discrimination religieuse des anciens esclaves basée sur des considérations de castes en milieu soninké.
Les conclusions de ces débats sont loin d’avoir fait l’unanimité et loin s’en faut. Voilà que la ville de Dafor vit une crise grave conséquence de l’existence de séquelles exacerbées de l’esclavage, crise allant jusqu’à opposer des clans de féodaux et d’anciens esclaves eux-mêmes et risquant d’engendrer la violence.


En effet, trois points ont envenimé la situation à Dafor :


Les marabouts - chef religieux et maîtres de cérémonies religieuses - sous la pression des féodaux, s’interdisent désormais des célébrations religieuses (mariages, baptêmes et prières funèbres) touchant les anciens esclaves qui rejettent la subordination.
Les anciens esclaves qui acceptent aujourd’hui la soumission, décident à leur tour de rompre toute collaboration avec leurs parents abolitionnistes.
En matière de foncier agricole et domaniale, les anciens esclaves sont menacés d’expropriation totale et illégale de leurs terres de culture.
En fin, le Maire de Dafor va jusqu’à dire aux anciens esclaves de respecter leur ancien statut.

AMEES qui a participé activement aux travaux de cette journée et entend prendre part à la vulgarisation des conclusions de ces travaux importants avec l’ensemble des membres de la société civile et de l’association des Maires du Guidimakha dans les plus brefs délais pour aller à des solutions véritables et urgentes et ce, loin de tout extrémisme et violence.


Invite donc les associations de la société civile et celles des maires du Guidimakha d’entreprendre avec nous cette caravane à travers toute la Wilaya dans les meilleurs délais et ce en dehors de tout calcul politicien ou électoraliste.
Demande aux autorités administratives judiciaires et de sécurité de remplir leur mission d’application ferme de la réglementation en matière de reforme foncière, domaniale et d’éradication de l’esclavage et ses séquelles conformément aux dispositions de la loi 2015-031.
Enfin, AMEES demande aux autorités de la Wilaya de permettre l’achèvement des travaux de construction des locaux de la section de notre association arbitrairement arrêtés.

Nouakchott le 26 mars 2018
Le Bureau Exécutif

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