Il existe de nos jours en Mauritanie, des êtres humains qui appartiennent à d'autres êtres humains. Ils peuvent les vendre, les donner, les échanger, les louer et j'en passe comme des objets ou comme des animaux. La pratique est bien sur illégale et même sévèrement réprimée par les lois du pays. Malheureusement, ces lois en questions n'ont jamais été appliquées par les autorités qui les ont , elles mêmes mises en place pour dit on éradiquer l'esclavage, un phénomène qui porte gravement atteinte à la dignité humaine et au développement du pays.

Partout, surtout à la veille des élections, des fêtes et des rencontres nationales ou internationales, on nous chante la promotion de l'unité nationale, alors que la société mauritanienne reste encore divisée en castes, en régions, en ethnies, en nobles et en esclaves sans que ces connotations sources de division et de discriminations ne soient radicalement combattues efficacement par le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz. Les Beydanes ou Maures blancs, ont dans leurs mains les reines du pouvoir et exercent leur suprématie dans tous les secteurs de la vie économique,

politique et culturelle du pays, tand que les Haratines et les Afro-Mauritaniens sont considérés comme des citoyens de seconde zone, étrangers dans leur propre pays, pris comme des êtres inferieurs souvent victimes de l'esclavage. Pourtant officiellement, l’abolition de ces pratiques date de 1980 dans le pays,puis érigé en infraction par le parlement en 2007, avant d'être reconnu par la constitution comme un crime contre l'humanité en 2012. Tout cela reste du bavardage et des écrits destinés à calmer l’opinion, internationale qui n’arrête d’interpeller à travers des ONG le pouvoir Mauritanien sur ses obligations internationales sur le respect strict des droits de l’homme en Mauritanie.

Toutes ces lois ne se sont que de la poudre jetée aux yeux des populations, et de la communauté internationale pour les faire croire que l'Etat mauritanien fait de son mieux pour éradiquer l'esclavage dans le pays. En réalité, il n'y a aucune volonté politique de la part du pouvoir public pour lutter contre l'esclavage, les discriminations et le racisme qui persistent et même aggravés par le pouvoir actuel pour avoir volontairement sacrifié l’éducation nationale mais aussi ,creusé l’écart entre riches et pauvres dans un climat de méfiance, de mépris de l’autre au détriment de la vraie cohésion nationale et des principes religieux qui lient toutes nos composantes nationales.

Il suffit de regarder juste autour de nous pour voir et se rendre compte qu'il y a encore des femmes et des hommes victimes de violences, des discriminations, de manque d’éducation, des soins et de sécurité. Nombreux sont aujourd’hui, violentés, séquestrés, dépossédés, humiliés, torturés et dépourvus de toutes dignités humaines par un simple agent de la sécurité routière pour un oui ou un non. Les auteurs de ces pratiques inhumaines sont quelques fois dénoncés par des ONG de droits de l'homme, et sont donc connus par les autorités, qui ne font rien pour les traduire en justice, les juger et les faire subir la rigueur des lois de la république. Au contraire, ce sont les dénonciateurs, les membres des ONG défenseurs des droits de l'homme qui sont harcelés, persécutés, arrêtés et emprisonnés pour avoir simplement revendiqué le respect et l'égalité entre tous les fils du pays.

 

A l'instar des pouvoirs précédents, le pouvoir du président Mohamed Ould Abdel Aziz, se trouve dans l'impasse politique depuis son accession à la présidence en 2008. Son deuxième quinquennat a confirmé un régime aux abois et très autoritaire aggravé par des atteintes aux libertés publiques et des atteintes à la constitution et aux intérêts vitaux des Mauritaniens (écoles, hôpitaux, état civil, les terres de la vallée, etc….). Des exactions sont devenues monnaie courante dans le pays contre toutes celles et tous ceux qui s'opposent au pouvoir du président Ould Abdel Aziz.

 

Pour sortir de cette crise, le président ne trouve qu'a initier des lois tendant à calmer la situation intérieure du pays par arrestations et condamnations fréquentes des militants antiesclavagistes de l'IRA, harcèlement des sénateurs ayant contesté la modification de la constitution, des journalistes, des hommes d'affaires et quelques membres de la société civile. On peut dire que c'est dans ce contexte que les députés ont adopté il y a quelques mois un projet de loi visant à lutter contre la discrimination avec comme sanction, cinq ans de prison voire plus et la perte des droits civiques politiques et familiaux pour cinq ans pour les coupables, tout cela rentrerait dans l’instrumentalisation de notre justice et de l’intimidation des opposants dans leur majorité.

 

Comment pouvons-nous nous taire les discriminations raciales en Mauritanie sachant que le pouvoir oppose les communautés les unes contre les autres et dope sans gène la promotion de la seule composante Arabo-Berbère dans tous les postes stratégiques du pays en amplifiant la négation des autres. Depuis l’indépendance à nos jours les marginalisations se sont succédées mais au rythme actuel, nous assistons à 95% du pouvoir économique et administratif d’une seule composante ne représentant que 20 à 30% de la population, obstruant volontairement toute évolution effective de 70% à 80 % de la population, quelque fois sous un esclavage pur et dur dans les oasis du pays.

 

A la faveur de cette situation, les marches et sit-in pacifiques de contestation et de dénonciation des antiesclavagistes et défenseurs des droits de l'homme pour que soient établies, l'égalité et la justice, sont réprimés de manière démesurée par la police. Les manifestants pacifistes sont tabassés, séquestrés, arrêtés et jetés en prison sous de fausses accusations et procès-verbaux

 

Les gouvernants doivent comprendre que tant que les pratiques esclavagistes et discriminatoires continuent de sévir en Mauritanie et que l'Etat ne fait montre d'aucune volonté politique réelle de les éradiquer pour que tous les citoyens soient traités dignement et de manière équitable, des voix se lèveront haut et fort pour faire connaitre à la population et à la communauté internationale les violations des droits de l'homme qui existent dans le pays. Il ne sert à rien de s’adonner à la politique du mensonge, à celle de la division ou à celle des lois inappliquées car l’éveil est planétaire et le retour du bâton risquerait de frapper durablement tout pouvoir autocritique.

 

C'est le combat du président Birame Dah Abeid de l'IRA et de tous les autres mouvements et associations qui aiment et veulent le progrès de notre pays. Le combat pacifique et intelligent doit être celui de tout être humain. En Mauritanie comme toutes les nations du monde, on doit naitre, tous égaux devant les lois, devant l’école et devant toute notre administration y compris la justice de ce pays malmené par l’instrumentalisation. Notre pays doit se réconcilier avec lui même et avec toutes ces filles et fils et engager l’avenir avec autant d’espoir et d’espérance pour sa jeunesse.

Croisons les doigts et espérons que les élections de 2019 en vue apportent une petite lueur de lucidité et de démocratie, mais à l’heure actuelle d’achat des consciences, nous avons le droit de pointer la mauvaise volonté du pouvoir et de son souci de se maintenir au pouvoir.

Qu’allons-nous devenir? Comment allons-nous vivre? Quelle sera l’avenir de la jeunesse?

 

 

Ce 07 Avril 2018

Diagana Yacouba

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir