Comment s’opposer à un holdup électoral en ayant peur de manifester pour ne pas ramasser des coups de matraques, grenade lacrymogène voire des balles perdues dans la rue? Comment se faire entendre par un état pour libérer les militants de l’opposition arrêtés arbitrairement, lever l’état de siège où transmettre ses doléances à l’autorité publique sans un contact, échange, rencontre ou dialogue avec cette même autorité ? Quel genre de combat va mener les opposants au pouvoir en Mauritanie maintenant ?

 

Quelle arme dispose aujourd’hui l’opposition face à un régime qu’elle accuse d’un Holdup électoral ? Certains opposants ont fermé leurs portes, bientôt suivront leurs fenêtres pour s’isoler définitivement. Certainement, retour à la vieille méthode, ces fameuses négociations clandestines en cachette avec le pouvoir sur le dos des électeurs. Voila la grande traîtrise qui se dessine petit à petit tout doucement. Faire du bruit pour ne rien dire, qui ne sortira pas les mauritaniens dans la crise postélectorale. Il faudra sortir de l’opposition dans mon salon, dans les médias ou réseaux sociaux.

 

Si vous n’installez pas un bras de fer par la rue ou par le dialogue, croyez-vous se faire entendre avec ces coups de gueules médiatiques, versant des larmes qui font rire le pouvoir? On ne combat pas un pouvoir avec des sentiments, bien au contraire, il faudra créer une situation qui débouche vers un bras de fer politique en permanence sur le terrain avec son adversaire. Certains petits malins pensent que c’est aux medias de mener la bataille à leur place.

 

Vous attendez qu’un régime que vous accusez d’avoir volé votre victoire s’apitoie sur votre sort ? On peut comprendre qu’un régime soit plus fort, vous bloque de tous les côtés, mais ayez le bon sens à trouver les portes de la sortie. Vous êtes candidats pour trouver des solutions, non à nous engouffrer dans des problèmes. Si je ne peux pas manifester dans l’immédiat, je peux dialoguer au moins, si le régime ne respecte pas ce qu’il a signé, voila une sortie pour occuper la rue par la force. A-t-on besoin d’un dessin pour un homme politique mure pour le comprendre ? Le régime ne respecte rien, oui certes, parce que l’opposition n’a jamais su s’imposer pour faire respecté les accords passés. Elle signe des accords et dort, espérant  des nominations et privilèges. C’est tout, il ne faut pas chercher longtemps. Les mauritaniens ne demandent pas un dialogue pour le partage du pouvoir ni le gâteau, non plus des portefeuilles, d’ailleurs, les termes comme « gouvernement d’union nationale » doivent disparaître dans le langage du dialogue. On doit parler et solutionner les problèmes que rencontrent les mauritaniens non la classe politique. Point, à la ligne.

 

 Henoune Dicko/ facebook

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