1 ) A.H.M.E : Bonjour Henoune Ould Oumar Ould M’Bareck Dicko,
présentez-vous à nos lecteurs ?

Je vous remercie de m’avoir donné l’occasion de m’exprimer librement dans le site www.haratine.com . Je m’appelle Henoune Ould Oumar Ould M’Bareck, plus connu sous le nom Diko hanoune, je suis né dans le Guidumakha, la 10ème région de la république islamique de Mauritanie, département Ould-Yengé.

Je suis issu d’une famille très modeste, je fais mes études primaires à l’école de M’Beidiya Sakha (Gorilakhé), une école construite par la force des biceps d’immigrés Soninké en France, puis j’ai continué mes études au Lycée national de Selibaby, capitale régionale du  Guidumakha  1987-19889 avant de demander le transfert  vers Nouakchott.

 Le pouvoir du colonel Maaouiya Ould Sid’Ahmed qui avait entamé la phase de dénégrification du pays, me refusa le transfert vers la capitale. Finalement, avec  insistance,  j’intègre le collège d’Elimina  avant  d’être admis au  Lycée arabe de Nouakchott en 1991. Malheureusement, je n’ai pu continuer mes études faute de moyens, le régime du colonel Ould Taya me coupe l’insignifiante bourse qui a basculée ma vie, il sagit d’une petite bourse de 3330 Ouguiyas soit moins de 10 euros tous les trois mois qui me permettait d’acheter des cahiers, stylos, livres et  quelques habits. Je n’ai jamais autant baissé les bras, j’ai multiplié les démarches à la recherche d’un emploi, j'atterris au ministère des affaires étrangères, je suis devenu très rapidement l’homme à tout faire pour le secrétaire général du ministère Mr KHATTRI OULD JIDDOU qui me traitait comme son esclave.

J’ai rencontré le doyen Mohamed Yahya Ould Ciré en tant que diplomate avant de tenter ma chance chez ELF-AQUITAINE, une société multinationale  française. Malgré les dures épreuves de la vie, je suis convaincu que l’esclavage et le racisme sont les fléaux qui empêchent la Mauritanie d’avancer. Voila pourquoi, je reste droit dans mes bottes pour combattre l’esclavage et le racisme d’état en Mauritanie dont j’en ai subi moi même de toutes les couleurs. Je suis membre fondateur de A.H.M.E ( Association des Haratine de Mauritanie en Europe) aux côtés du Doyen Mohamed Yahya Ould Ciré, j’assure le poste de Secrétaire général.

Mon cas n’est pas isolé, le gouvernement Mauritanien  exerce toute sorte de pression pour entraver la scolarisation d’enfants issus de la communauté haratine. C’est un phénomène récurent dans tous les domaines publics en Mauritanie.

 2 ) A.H.M.E : Comment êtes-vous entré dans la lutte anti-esclavagiste. Avez-vous subi l’esclavage et expliquez-nous comment s’est passée votre jeunesse ?

Je ne suis pas un militant abolitionniste par hasard, mon père est un hartani de la tribu des Aoulades M’bareck et ma mère est une peulh castée. Je subissais les avalanches de moqueries, le mépris de mes amis, camarades et compagnons à l’école mais aussi dans ma vie au quotidien. J’étais au fond de moi, un jeune blessé, traumatisé psychologiquement, au point j’avais honte de ma personne et je ne voulais plus sortir avec ces gens là d’autant plus je suis issu d’une famille extrêmement pauvre. J’ai tenté de comprendre pourquoi une telle hostilité à mon égard sans jamais y parvenir à obtenir la réponse. Lorsque seulement j’atterris à Nouakchott, en écoutant le discours et suivi les mouvements abolitionnistes. C’est de là que j’ai commencé à comprendre beaucoup de choses, j’ai milité au sein du parti que dirigeait Messaoud Ould Boulkheir action pour le changement (AC) et à sos-esclaves Mauritanie de Boubacar Ould Messaoud. J’ai vraiment compris, l’esclavage est une pure connerie inventé par des hommes complexés. Bizarrement même la religion musulmane encourage la libération des esclaves pourtant jamais les chefs religieux n’en parlent à l’intérieur du pays. Un mythe de silence autour de la question l’esclavage incompréhensible. Voila aussi une raison qui me pousse à pardonner mes amis et connaissances qui m’ont tant fait du mal, pour moi ils ne sont pas fautifs mais c’est l’état Mauritanien, les parents, chefs religieux qui m’ont pas accompli leur devoir vis-à-vis du citoyen. Dans l’ignorance, l’homme se comporte comme un animal.

 

3 ) A.H.M.E : Nous rappelons que votre père Oumar Ould M'Bareck est un hartani de la tribu Oulad M'bareck. Votre mère est d'origine Hal pulaar. Comme votre père, son statut dans sa propre ethnie est celui d'esclave. Cette double appartenance vous procure un regard circulaire sur l'esclavage aussi bien dans la société maure que négro-mauritanienne. Partagez avec les lecteurs ce double regard ?

Effectivement, je suis victime à la fois de l’esclavage des maures blancs mais aussi celui des peulh. Mon père était persécuté par un arabo-berbère, un célèbre barbare que tous les haratine Oulades M’bareck craignent beaucoup dans la région du Guidumakha. Cet homme s’appelle Bamba Ould Sidi Ely Mowloud, il a planté son campement dans le village nommé N’Doumoly juste à quelques kilomètres de la ville de Ould-Yengé. Il nous rendait visite de temps en temps où convoquait mon père chez lui pour exiger soit sa part de récolte des champs de mils, à défaut, il faudra lui donner des animaux. J’ai commencé d’abord à convaincre mon père de s’éloigner de cet homme et de l’interdire à la maison si possible. Il était tres puissant surtout influent au niveau des autorités locales. Il alimentait souvent des conflits de terres cultivables entre les tribus haratine pour les tenir en laisse. Ces conflits peuvent déboucher sur des meurtres par exemple le cas de N’Djadié-Binna. De là, il manipulait tout le monde et exige des cotisations de chaque famille pour régler administrativement le conflit en promettant de tirer d’affaire les assassins. Il agissait avec la complicité des préfets et gouverneurs de Ould-Yengé et Selibaby. Quand au côté de ma mère les peulh, mon grand père et son maître sont les premiers habitants du village Tektaké Samba Goumma. Ce sont des bergers, il n’y a pas autant de problèmes sauf que nous ne pouvons pas prétendre à être le chef du village, ni imam de la mosquée. Pourtant la règle de vie coutumière dicte que la chefferie du village revient à celui qui est le plus âgé, mais les castés ne sont pas concernés. On les considère toujours comme des mineurs. Nous ne pouvons pas représenter le village en quoi que ça soit c'est-à-dire ni administrativement ni religieusement. Mes oncles doivent respecter la tradition, ils sont emmenés à travailler pour les maîtres lors des cérémonies de mariages, baptêmes et fêtes religieuses gratuitement. En contre partie, ils auront une part de la viande des bêtes qu’ils ont dépouillé plus des cadeaux et un peu d’argent qu’on les offre. Ils peuvent se marier sans le consentement du maître mais ils ne peuvent pas se marier avec une famille supérieure (noble). Ce sont des coutumes ancestrales qui existent au jour d’aujourd’hui. Les féodalités peulh conservent jalousement ces traditions d’autant plus, elles sont appuyées par les autorités locales.

 

4 ) A.H.M.E. : Vous êtes né dans la société Soninké où votre père y résidait après avoir fui l'esclavage maure. Quels traitements ont été et restent réservés à vos parents dans la société Soninké ?

Oui mon père a trouvé refuge chez les Soninké pendant des années. C’est une société extrêmement conservatrice et dure. Il n’y a que dans cette société qu’on trouve des quartiers d’esclaves (komo kanni), des mosquées d’esclaves (komo kanni missidé) parfois des cimetières d’esclaves à part. Ceci est un cas rare dans la région du Guidumakha. J’ai souvent lu certaines choses qui disent les Soninké n’enterrent pas leurs esclaves dans les mêmes cimetières que les nobles. Je témoigne ici à visage découvert, le rare cas connu est celui de Tachott Branné, village natal de Sidney Sokhona. Pourtant cet homme fut ministre pendant des années et a occupé le poste du premier conseiller à la présidence de la république islamique de Mauritanie sur le seul critère qu’il est marabout. Le traitement qu’on a réservé à mon père est vraiment particulier à la fois chez les Soninké et les Peulh. On l’appelle Oumar Thiapato jusqu’à nos jours pour le distinguer d’eux, ce surnom Thiapato veut dire qu’il est esclave maure « hartani », il le restera jusqu’à la fin de sa vie et il ne fait pas parti de leurs ethnies. Il y a une appellation particulière chez les deux communautés : Aarani en peulh et Riyaana en soninké, ce qui veut dire littéralement une personne venant d’ailleurs. On peut inviter cette personne à quitter le village à tout moment puisqu’ elle n’est pas originaire de ce village. C’est ce qui fut arrivé à mon propre grand père du côté de la mère pendant les événements 1989. Il est venu voir ces petits fils, sa fille et son gendre, les sonninké ont convoqué une réunion du village expressément pour inviter tous les peulh venus d’ailleurs de partir, parce qu’ils étaient recherchés pour être expulser vers le Sénégal ou Mali. Mon père l’a tellement mal digéré, il a fini par s’installé ailleurs pas loin d’autant plus on n’avait pas accès aux terres cultivables fertiles.

 

5 ) A.H.M.E. : Quelles sont les différences, selon vous entre l'esclavage maure et l'esclavage négro-mauritanien ?

Pour moi, il n’y a pas un esclavage meilleur que l’autre. Le but ultime reste le même, chosifier, humilier et exclure les victimes. Chez les maures, l’esclave est un bien meuble, on peut le ventre, le prêter, le tuer s’il le faut en cas de rébellion et travaille sans aucun revenu. L’esclave negro-mauritanien n’a pas droit au chapitre de la gestion des affaires courantes de la ville ou village. Il ne peut pas être chef de village, ni imam. Il n’est même pas propriétaire de la terre qu’il cultive sauf si le village est constitué uniquement d’esclaves. Le problème de l’esclavage chez les Négro-mauritaniens est que les victimes ont honte de dénoncer leurs bourreaux. Il y a beaucoup de choses qui se cachent derrière cette peur ou honte. La réalité est que les victimes ont la trouille de tout perdre, c'est-à-dire je m’explique : si jamais elles s’engagent à suivre les haratine, il y aura en premier temps des morts suite à des règlements de comptes mais aussi elles vont être privées des terres cultivables qui est la première source de revenu dans la vallée du fleuve Sénégal (au sud de la Mauritanie) dont la féodalité détienne le droit de propriété depuis des siècles par héritage. Le plus souvent, l’esclave negro-mauritanien préfère se résigner que la voie de confrontation. La société negro-mauritanienne est extrêmement hiérarchisée, la règle d’or consiste à isoler et exclure les récalcitrants. Dans les deux communautés que ce soit les Arabo-berbères ou Negro-mauritaniens, il y aura toujours des personnes qui naissent esclaves et meurent esclaves tant que l’Etat Mauritanien ne s’engage pas à appliquer les lois et les conventions internationales que la Mauritanie a ratifiées. La preuve est là devant nous, les Maures recrutent la féodalité negro-mauritanienne pour museler et gouverner le pays avec une main de fer. On peut toujours crier non au racisme et à l’esclavage mais, rien ne se passera tant que les intellectuels noirs du pays ne prennent pas les choses en main. Il y a un autre problème qui se pose, la plupart des intellectuels noirs sont issus des familles féodales, cela peut expliquer en partie pourquoi nous avons du mal à percer le mystère des castés dans les différentes ethnies noires. D’autant plus, certains intellectuels ont peur de se faire diaboliser où mis en marge de la société par leurs propres parents s’ils parlent de ce sujet très sensible.

 

6 ) A.H.M.E. : Pourquoi selon vous, y a t-il ce fossé entre les Haratine et la communauté négro-mauritanienne, qui rend difficile l'unité des victimes de l'esclavage et du racisme ?

Le fossé entre Haratine et Negro-mauritaniens a été cultivé, entretenu depuis avant la création de la Mauritanie. Les noirs sont les premiers intellectuels de ce pays, jamais ils n’ont cherché à aider les Haratine à se libérer. Ils ont toujours cherché le pouvoir sans se soucier des problèmes des Haratine qui sont pourtant majoritaires. Ils ont occupé des postes administratifs de haut niveau et ils avaient un pouvoir de décision non négligeable avant les événements 1987-1989. Rappelez-vous du premier manifeste des 19 en Février 1966, ils dénonçaient le racisme d’Etat mais pas l’esclavage. Les Arabo-berbères ont été beaucoup plus intelligents. Quand on regarde les œuvres des intellectuels noirs Mauritaniens, on comprend aisément pourquoi ce fossé existe. Certains ont du mal à reconnaitre rien que la négritude des Haratine, comment voulez vous qu’il n’y ait pas de fossé ? Pendant qu’une minorité féodale tentait d’arracher le pouvoir entre les mains des Arabo-berbères, ces derniers préparaient leur plan de nettoyage ethnique en utilisant les Haratine qu’ils ont mis en marge de la société négro-africaine. Ce qui rend vraiment l’unité des victimes de l’esclavage et du racisme d’Etat difficile, ce sont ces intellectuels féodaux qui n’ont aucun intérêt qu’un changement réel intervient. Malheureusement, ils sont plus nombreux sur le terrain parce qu’ils sont diplômés et recrutés par le pouvoir. C’est vrai que les mentalités commencent à évoluer mais nous avons perdu pratiquement 52 ans.

 

7 ) A.H.M.E. : L'esclavage négro-mauritanien existe dans les villages en Afrique mais aussi, il est transposé notamment à Paris, Lyon, Marseille. On sait que dans les foyers, il y a une division du travail qui fait que les esclaves et les castés sont destinés à la cuisine et aux travaux de ménage. Qu'en pensez-vous ?

Les immigrés Mauritaniens ont transporté leur mode de vie et coutumes ici en France. C’est pour cette raison, ils ont du mal à s’intégrer dans la société française. Je vais vous faire une révélation, il n’y a pas si longtemps que ça, les descendants d’esclaves possèdent leurs propres comptes bancaires. Les salaires des anciens esclaves étaient versés sur des comptes gérés par les fils notables des villages. Ils se servaient de l’argent comme ils le voulaient et les anciens esclaves ne disaient rien. Les caisses des villages sont toujours entre les mains des nobles, il y a beaucoup d’argent en jeu, c'est une manne financière importante. D’ailleurs les maires, députés, sénateurs féodaux financent leurs campagnes électorales à partir de ces caisses. Les castés n’ont pas leur mot à dire. Oui, j’en ai connu des foyers à paris où ce sont les anciens esclaves qui font tout : ménage, cuisine et linge sale. Personnellement lorsque j’atterris à paris, on a voulu que la cuisine soit ma demeure pour pouvoir dormir dans les couloirs du foyer ou parterre. J’ai refusé et c’est la raison qui m’a vraiment poussé à quitter la région parisienne.

 

8 ) A.H.M.E. : Votre père, avant de venir à M’Beidiya Sakha avait vécu l'esclavage du fait de la tribu Oulad M'bareck. Vous a-t-il relaté cet épisode de sa vie ?

Mon père ne parle pas de son maître parce qu’il sait pertinemment qu’on n’aime pas qu’il nous en parle. Il se cache pour voir le maître, les disputes commencent quand on voit qu’il nous manque du bétail. On savait pertinemment là où il les a envoyés mais, c’est un père exemplaire, attentif surtout triste après son acte. Pour se racheter, il partait travailler quelques jours ailleurs dans la région sans nous le dire et il ramenait beaucoup de cadeaux pour ses enfants. Je n’ai jamais compris pourquoi il était si attaché à satisfaire son maître. A la fin, j’ai appris que ce dernier lui faisait du chantage en le menaçant de priver nos parents des terres cultivables à Diégui village natal de mon père. En fait, il protégeait sa communauté et il avait peur de se mettre en porte à faux avec son maître. Actuellement, il a coupé le pont définitivement.

 

9 ) A.H.M.E. : Vous avez travaillé au Ministère des Affaires Étrangères et de la Coopération de Mauritanie. Quelles appréciations portez-vous sur ce passage dans ce département ministériel ?

J’ai effectué un passage d’enfer de 2 ans sans percevoir un salaire dans ce grand ministère de la république « islamique » de Mauritanie. Je vivais de cadeaux que les diplomates m’offraient lors de leur passage au pays en vacances où ils abandonnaient carrément leur poste pour s’occuper du bétail, d’esclaves qui sont chargés de surveiller les animaux et la construction de somptueuses villas dans le quartier huppé e Tavreg-Zeina avec le budget de l’ambassade. Certains diplomates partent à l’étranger pour juste vider les caisses et reviennent aussitôt pour mener la belle vie paisiblement à Nouakchott. Curieusement, les contrôleurs d’état ne les voyaient pas circuler dans la capitale, l’état lance ses contrôleurs à la trousse de diplomates gênants sur des querelles tribales où mettre en difficulté ceux qui ne veulent pas suivre la machine de corruption et du mensonge. C’est le cas de Mohamed Yahya Ould Ciré accusait à tord de détournement alors que la réalité était qu’il a refusé un emploi fictif à l’un des parents du secrétaire général Khattri Ould Jiddou . Il a eu à gérer des nombreux cas sensibles d’héritages en guinée Bissau, des esclaves qui décident et les tribus arabo-berbères voulaient s’accaparer des biens du défunt sous prétexte l’héritage revient aux maîtres de droit. J’ai été trompé, exploité par le directeur administratif et financier du ministère Mohamed Salem Ould Zeine avec la complicité du secrétaire général Khattri Ould Jiddou. Les personnels diplomatiques peuvent en témoigner et tout le monde le savait. Ils m’ont fait croire que mon dossier a été transmis à la direction du budget de l’état, je dois attendre la réponse et elle prendra du temps. Néanmoins, j’aurai le rappel de ma paie de toutes les années travaillées. Désespéré, je me suis mis à la recherche d’un autre emploi à côté discrètement, voilà pourquoi j’ai quitté le ministère et j’ai appris par la suite, les responsables n’étaient pas contents de mon départ sans avoir les avisés. Je subis plusieurs formes d’esclavage, d’abord l’esclavage traditionnel qui fait partie des mœurs de la société Mauritanienne et ensuite l’esclavage administratif. En fait, la totale.

 

10 ) A.H.M.E. : Votre scolarité à Nouakchott a été interrompue du fait de la suspension de votre bourse. Parlez-nous de vos difficultés pendant cette période et celles que rencontrent les étudiants haratine en général.

Effectivement, j’ai arrêté ma scolarité suite à la suspension de ma bourse. Les étudiants haratine vivent l’enfer, sans moyens ni aide de l’état, ils ne s’en sortiront jamais. Les arabo-berbères sont appuyés par des moyens économiques, politiques de l’état, les negro-mauritaniens sont aidés par l’immigration massive vers l’Europe et les états unis. Seuls les haratine sont livrés à eux-mêmes. Rappelons que les negro mauritaniens ont profité de l’école coloniale française, rare sont les haratine qui ont bénéficié de ces écoles. Les haratine envoyaient pour étudier la langue française par les maîtres d’esclaves, à l’époque les maures considéraient le français comme une langue Satanique et ceux qui parleraient cette langue iront en enfer. Ils ont préféré envoyer leur esclave étudié cette langue afin qu’ils aillent en enfer. Lorsqu’ils ont compris leur connerie, ils ont très vite stoppé net la scolarisation des haratine. Je profite pour rendre hommage à un grand homme Béninois Luis HUNKARIN, il a joué un grand rôle sur la dénonciation de l’esclavage en Mauritanie. Ces écrits m’ont beaucoup marqué, il décrit très bien le cauchemar et l’enfer de l’esclavage des maures sur les haratine



 

11 ) A.H.M.E. : Votre mère a-t-elle vécu des pratiques esclavagistes dans sa propre ethnie, les Hal pulaar ? Et en quoi ces pratiques ont impacté votre vie ?

Ma mère a vécue bien évidement des pratiques esclavagistes. Elle est considérée comme KOORDO féminin du mot MACCUDO dans la société Hal pulaar et ça personne ne peut le nier au monde. Elle récolte bien évidement les fruits de son travail mais elle reste toujours en bas de l’échelle dans cette société très féodale. Que les intellectuels hypocrites arrêtent de nous mentir en disant l’esclavage n’existe pas chez les hal pulaar. L’esclavage est pratiqué au sein de toutes les communautés Mauritaniennes mais à des degrés différents. Comme je le disais ci-dessus, il n’y a pas un esclavage mieux que l’autre. Chacun doit balayer devant sa porte avant d’aller le faire chez les autres.


 

12 ) A.H.M.E. : Votre père avait fui l'esclavage au sein de la tribu Oulad M'bareck. Il s'est réfugié au Sud de la Mauritanie, dans un village peulh, où il a été pendant longtemps un berger. Pourquoi a-t-il quitté ce village peulh pour aller dans un village soninké ?

Mon père travaillait en tant que berger chez le maître de ma mère Samba Goumma Barry dans le village de Tektaké Samba Goumma. L’accord qui le lie avec cet homme était à la fin de chaque saison de pluie, il avait une vache comme salaire. Il avait commencé à réunir un bon nombre de cheptel et de là, les jalousies et l’égoïsme à commencer. Pour éviter des problèmes, il a déménagé vers le village des Soninké M’Beidiya Sakha d’autant plus il y avait beaucoup plus d’opportunités. Mon père a toujours travaillé très dur pour subvenir aux besoins de sa famille. On se moquait de lui en disant qu’un hartani ( maccudo thiapato) ne reste pas longtemps avec une femme, il fuira bientôt abandonnant sa femme et les enfants. Le maître était opposé à cette union, mon grand père l’a convaincu s’il ne laisse pas le mariage se faire, mon père partira. Les parents de ma mère continuent à en vouloir à mon père malgré qu’il a rapporté une certaine mixité dans la famille. D’ailleurs il s’en sort mieux que les autres.

 

13 ) A.H.M.E. : La féodalité maure et la féodalité négro-mauritanienne sont des « associés rivaux » comme l'a dit Mohamadou Abdoul (réf communiqué n°390). Cette solidarité entre ces deux féodalités constituent un handicap sérieux pour les victimes de l'esclavage et du système de castes. L'esclavage et le système de castes sont-ils conciliables avec la démocratie ?

Non, je ne suis pas convaincu à un instant que l’esclavage et le système de caste peuvent être conciliables avec les principes de la démocratie. Ces deux phénomènes sont l’opposé même de la démocratie. Se sont des systèmes qui reposent sur la dictature, le totalitarisme, ils sont contre toute forme de liberté et d’égalité.



 14 ) A.H.M.E. : L’esclavage maure est aussi exporté en France. Le système des caisses dans lesquelles les immigrés cotisent pour faire face à certains problèmes de la vie, peut être l'objet d'une utilisation à caractère féodal. En effet, ces caisses servent à transporter les corps des personnes décédées de la France à la Mauritanie. Or, très souvent, seuls les décédés d'origine maure sont rapatriés en Mauritanie alors que les cotisants de ces caisses sont majoritairement Haratine. Ce fut pendant longtemps, le cas d'une caisse à Paris où cotisaient peu de Maures et beaucoup de Haratine. Que vous inspire cette forme d'exploitation ?

C’est scandaleux, dans tous les cas les Mauritaniens exportent dans leur bagage l’esclavage que ça soit dans le monde diplomatique ou dans l’immigration. Les maures profitent de l’ignorance des haratine au maximum. Le problème est qu’ils ne lâchent pas facilement leur proie. Les esclavagistes exercent une certaine pression sur les parents qui sont restés au pays pour faire plier ceux qui sont à l’extérieur. Voilà pourquoi ça marche et continuera à marcher jusqu’au jour où il y aura une forte détonation d’explosion par la révolte populaire.

 

15 ) A.H.M.E. : De la fin des années 2000, au début des années 2010, Jemal Ould Yessa avait un groupe de Haratine et de Négro-mauritaniens qui gravitaient autour de lui. Il s'est constitué à Paris un petit « émirat » avec ses lieutenants, ses gardes du corps, et un gouvernement imaginaire. Il attribuait ou refusait le statut de réfugié à qui il voulait. Ce pouvoir qu'il s'est attribué était « fondé » sur le fait qu'il était devenu un grand délateur auprès de l'OFPRA. Avez-vous connu cette période et comment y avez-vous échappé ?

Lorsque j’ai posé pieds à Paris, la première personne que j’ai contacté, c’était lui. Il m’a mis en relation avec les services des réfugiés et on s’est rencontrés plusieurs fois avec Abdallahi Ould Hormatallah. Jemal Ould Yessa est le chargé de relation extérieure de SOS-Esclave. En 1998, je suis allé saluer Boubacar Messaoud chez Coubaly Baïdary à Noisy-le –grand lors de son passage à Paris. Il m’a expliqué qu’il faut se battre derrière Ould Yessa et si je veux être sérieux, je dois éviter de m’accrocher avec ce type. Il nous a chargés de créer une cellule SOS-Esclave Paris. C’est comme ça que j’ai présenté le docteur Elarby Ould Saleck à Jemal Ould Yessa. Je me suis exercé tant bien que mal, un jour on se rencontre à Montparnasse en présence de Ould Hormatallah. Et puis soudain, je les entends parler la fuite d’un diplomate haratine qui a détourné de l’argent. On me lâche le nom de Ould Ciré, Jemal me dit on va le bloquer. Je ne comprenais rien dans leur gesticulation. Des coups de fil aux journalistes et aux renseignements furent donnés pour obtenir plus de renseignements depuis Nouakchott. J’ai compris que leur tactique était de bloquer l’intelligentsia haratine. Je n’étais pas content et je le fais savoir. J’ai dit que les maures détournaient beaucoup plus d’argent, pourquoi on les dénonce pas ? Finalement j’ai appris qu’ils ont écrit à l’OFFRA pour demander le rejet du statut de refugié de Ould Ciré et son expulsion vers la Mauritanie pour être juger par Ould Taya. Ils ont utilisé SOS-Esclaves pour se faire connaitre et faisaient des témoignages en faveur des maures blancs, mais aussi certains négro-africains pour l’obtention des papiers de réfugié en France. Pour qu’un hartani puisse les voir, il faudra être patient et demander l’audience plusieurs jours en avance. Cela me touchait énormément mais je ne pouvais rien faire. Jemal veut commander tout le monde. C’est un manipulateur hors norme. Je ne conteste pas son engagement mais je sais une chose, il en tire énormément de bénéfices. Malheureusement Boubacar Ould Messaoud n’a jamais voulu faire confiance aux haratine pour leur confier la direction de SOS-Esclaves à l’étranger. Il est sous l’influence de Jemal et il est à l’origine que ce dernier ne m’adresse même plus la parole depuis qu’on a crée l’Association des Haratine de Mauritanie en Europe. Pour nous contrecarrer, il confia la présidence de SOS-esclaves section paris au docteur Elarby Ould Saleck, une façon de dresser les haratine les uns contre les autres et je peux jurer que l’idée vient de Jemal Ould Yessa. Il me traite de FLAMISTE en me comparant avec le professeur Sall Ibrahima Abou.

 

16 ) A.H.M.E. : Après plusieurs tentatives infructueuses, l'Etat vient de créer une division au sein de l'IRA-Mauritanie. Qu'en pensez-vous ?

Je pense l’état vient d’avouer l’inavouable à savoir son engagement inconditionnel à protéger les esclavagistes. Les autorités Mauritaniennes utilisent les moyens publics pour museler, diviser les abolitionnistes. Pourquoi ces moyens ne sont pas utilisés à construire des centres d’accueils d’esclaves en fuite, construire des écoles et des centres de santé dans les Adwaba ? L’état vient d’accueillir un militant exclu d’IRA croyant avoir réussi son coup de poker. C’est un cuisant échec, cela nous a plus renforcé et rendu plus aguerrit. La nouvelle génération consciente de haratine n’est pas celle d’Elhor d’hier. Nous sommes prêts à faire tomber, vaciller le système hégémonique même s’il faut payer le prix fort par le sang. Cela ne va pas tarder inchallah et faisons nous confiance.

 

17 ) A.H.M.E. : Depuis un bon moment, le webmaster de la présidence de la République est devenue Abdallahi ould Hormatallah, l'ancien représentant de SOS-Esclaves à Paris et militant anti-esclavagiste. Il prétendait même dans certaines conférences organisées par les Flams qu'il était d'origine esclave par sa mère. Aussi, il a écrit un article documenté dont le titre est «  Le cri de l'esclave, mécanisme et enjeux d'une domination », in Regards sur la Mauritanie, Cahiers d'Etudes pluridisciplinaires, Collection L'ouest saharien, volume 4, Ed. L'Harmattan, 2004, page 117. Dans cet article, il dénonce non seulement l'esclavage, ainsi que la domination maure sur la Société mauritanienne.
Il fut aussi longtemps le lieutenant de Jemal ould Yessa avant leur séparation mouvementée. Aujourd'hui, il est au service de Abdel Aziz, chef de l'Etat de Mauritanie. Il revendique sa filiation esclavagiste à savoir que Ould Soueid Ahmed serait un hartani du père de Hormatallah. Que vous inspire ces comportements erratiques au gré de la température politique ?

Il est rare de trouver un arabo berbère qui milite sérieusement en faveur de l’abolition de l’esclavage en Mauritanie. Adallahi Ould Hormatallah est un raciste mythomane, lui et ses amis ont profité de la naïveté de Boubacar Ould Messaoud voir abusé de sa confiance pour usurper la cause haratine en se faisant une place au soleil. Ils travaillaient en étroite symbiose avec les renseignements généraux depuis Paris. Ils renseignaient les régimes d’Ould Taya, Ely Ould Mohamed Vall en passant par le général Aziz sur les activités des opposants à l’extérieur en nous infiltrant. Je n’ai jamais été surpris par leurs manigances, je savais pertinemment qu’ils ne sont pas sérieux. Personne n’a assisté à une conférence ou une scène dont Abdallahi Ould Hormatallah dénonçait avec vigueur les esclavagistes maures. Ils ont évité soigneusement de nous livrer les noms des esclavagistes célèbres ni de nous lancer sur leur piste alors qu’ils les connaissaient. Il ne s’est jamais mouillé la chemise pour dénoncer ses parents maures esclavagistes.

 

18 ) A.H.M.E : Ould Abdel Aziz n'est pas content des quinze cadres haratine qu'il a promus. La raison est qu'ils ne combattent pas suffisamment l'offensive des militants anti-esclavagistes. D'abord, si on s'inscrit dans une logique esclavagiste, 15 haratine, c'est beaucoup moins que le nombre d'esclaves que peut détenir une famille maure. Ensuite, ce nombre montre les limites de la promotion des haratine sous le régime actuel. Enfin, où sommes-nous ? L'État mauritanien est-il devenu un esclavagiste comme les autres ? Il peut désormais réunir ses esclaves, les secouer, les haranguer, leur donner des ordres et les envoyer à l'attaque de ses ennemis ou aux sales besognes en l'occurrence, attaquer les militants des Droits de l'Homme. Par cette attitude, Ould Abdel Aziz se singularise des autres chefs d'Etat. Parlez-nous des marques esclavagistes de Ould Abdel Aziz ?

Mohamed Ould Abdel Aziz est comme ces prédécesseurs. Il n’a aucun intérêt à mettre les puissantes tribus arabo-berbères sur son dos. Ce sont ces tribus qui bénéficient de la main d’œuvre servile gratuitement dans les ruralités. L’Etat préfère dépenser des millions pour contrecarrer les actions des abolitionnistes que d’investir le terrain en vue de l’application de la loi 2007. Un hartani reste aux yeux d’un maure, un esclave quelque soit son niveau d’étude. Ces cadres haratine se retrouvent dans un cercle vicieux. Ils subissent l’esclavage administratif de plein fouet. Au départ, on (les) leur faisait croire qu’ils sont importants, qu'ils sont mêmes supérieurs aux autres haratine avec des fausses promesses de promotion. A la fin, ils deviennent des esclaves dans l’administration avec des postes subalternes. C’est bien fait pour leurs gueules.

 

19 ) A.H.M.E : Vos détracteurs du pouvoir comme de l’opposition vous accusent d’être raciste et extrémiste. Les Maures mettent en avant votre mutisme sur l'esclavage négro-mauritanien. Les Négro-mauritaniens évoquent votre sensibilité lorsque des critiques sont adressées aux Haratine.
Qu’avez-vous à leur répondre ?

Les accusations infondées de mes détracteurs comptent zéro pour moi. Ils ont le droit de râler, du moment qu’ils ne peuvent pas m’attaquer avec des arguments solides. Je ne peux pas laisser une horde d’excités s’acharner sur du faux en diffamant toute la communauté haratine. Je sais à quoi ils font allusion, certains négro-mauritaniens qui ont voulu soutenir le putsch du général Aziz ont tenté de salir les haratine. J’ai riposté sans attendre. Malheureusement, ils ont sorti une arme honteuse en distillant un discours haineux à notre égard, disant que ce sont les haratine qui ont tué les hal-pulaar pendant les événements 1989, traitant le général comme un homme saint qu’il nous fallait. Aujourd’hui, ils sont entrain de se mordre les doigts en manifestant avec l’opposition tout en criant qu’ils ont été trahis. Vous voyez, c’est là où je puise la source de ma force. Je suis resté droit dans mes idées avec la ferme conviction : Ould Abdel AZIZ qu’ils prennent comme le messie les trompera et aujourd’hui ils sont tous honte en si peu de temps. Je ne suis pas parfait, mais je suis au moins capable d’analyser une situation en tirant la meilleure conclusion pour le collectif. Je n’ai jamais cherché un poste et je n’en veux pas, ce qui me rend insensible aux problèmes de carrière ou de promotion. Je ne fais pas les choses à moitié ni la politique politicienne du ventre. Les maures aiment jeter la pierre chez le voisin, ce que j’ai dit à mes détracteurs maures, c'est qu'ils doivent se lancer à la trousse des esclavagistes négro-mauritaniens au lieu de nous traiter de racistes et extrémistes sous prétexte que nous ne dénonçons pas l’esclavage de ces communautés. Qui peut empêcher un maure d’assisté une victime d’esclavage  en Mauritanie? Ils détiennent tous les pouvoirs, alors ils n’ont qu’à se lancer dans le combat. Je le dis et répète, les haratine ne sont pas les esclaves des négro-africains mais bien des maures, voilà la raison qui les pousse à s’exciter contre moi étant un abolitionniste dans l’âme, très actif sur la toile, non adepte de la langue de bois.

 

20 ) A.H.M.E : La Mauritanie a signé et ratifié des conventions interdisant les pratiques esclavagistes. Puis plusieurs lois et décrets ont été adoptés abolissant l'esclavage. Qu'est-ce qui justifie la pérennité de l’esclavage en Mauritanie ?

Ce qui justifie la pérennité de l’esclavage est le manque de volonté des autorités mauritaniennes à combattre le fléau. Les conventions et traités qu’a signés la Mauritanie ne sont jamais respectés. C’est une manière de tromper la communauté internationale en assurant leur arrière. Juridiquement, la Mauritanie est plus que parfaite, mais la réalité est que les lois ne sont jamais appliquées. On applique la loi que s’il faut condamner les militants des droits de l’homme et mettre en prison les noirs en général. En tout cas, la population arabo-berbère a plus de droits que les noirs dans le pays et cela est flagrant.

 

 

21 ) A.H.M.E. : Vous êtes membre fondateur de l’Association des Haratine de Mauritanie en Europe, parlez-nous de cette association et quel est votre rôle exact au sein de celle-ci ?

Effectivement, je suis membre fondateur de l’A.H.M.E avec le président Mohamed Yahya Ould Ciré, un diplomate chevronné de carrière. Cette association a été créée en juillet 2001 dans le but d’être l’étendard des revendications haratine à l’extérieur. Avant nous, personne ne se souciait de l’esclavage qui frappe les haratine depuis l’extérieur. Nous avons occupé la scène internationale pour dénoncer haut et fort la barbarie esclavagiste. La communauté internationale ignorait l’existence des haratine, nous avons fait en sorte, que si l'on fait des recherches sur cette communauté, de trouver facilement les bonnes informations en temps réel. Il y a eu d’abord la création du journal appelé le « Cri du hartani », ensuite le site www.haratine.com , nous avons mis en ligne le forum haratine et le dernier né est celui du blog « Au secours des haratine ». Une remarque s’impose, nous ne pouvons compter sur la presse mauritanienne qui censure les sujets sensibles sur l’esclavage. L’hostilité de la presse à l’égard de la cause haratine montre bien que nous avons fait le bon choix.

 

22 ) A.H.M.E. : Quelles sont vos impressions relatives aux activités de A.H.M.E. ?

L’association des Haratine de Mauritanie en Europe (A.H.M.E) a joué un rôle important au niveau de la communication, la diffusion la plus large du phénomène de racisme et de l’esclavage arabo-berbère en Mauritanie mais aussi dans le monde. C’est la seule association qui traite sérieusement ces questions avec rigueur et discernement malgré qu’il reste beaucoup de choses à faire. A.H.M.E doit redoubler d’efforts pour mobiliser d’avantage l’opinion nationale et internationale face au refus des autorités mauritaniennes de traiter les cas d’esclavages soumis à la justice inféodée avec l’Etat. Nous sommes sur deux fronts : à la recherche d’unité des victimes et celui du combat contre l’esclavage. A.H.M.E gêne énormément du monde, le réveil des haratine est la seule voie qui arrivera à disloquer le système hégémonique qui gouverne le pays depuis l’indépendance. Les actions de cette association sont non seulement louables mais aussi indispensables. Je pense qu’il faut inciter nos partenaires et les bailleurs de fonds à investir le terrain social pour aider les victimes de l’esclavage qui sont abandonnés par l’Etat Mauritanien.

 

         23 ) A.H.M.E. : Votre dernier mot aux lecteurs du site www.haratine.com .

Il n’y a pas un combat facile dans la vie, nous sommes engagés sur un terrain déserté qui va être long et difficile à traverser. L’apartheid a vécu 80 ans, je ne suis pas sûr d’assisté à la victoire finale mais l’histoire retiendra que nous n’avons jamais baissé les bras. Si nous ne récoltons pas les fruits de ce combat, nos enfants récolteront dans un avenir proche les fruits murent sucrés du combat que nous menons actuellement. Je remercie les fidèles lecteurs du site, nous avons besoin du soutien de tout le monde et un homme averti en vaut deux. Le combat doit se poursuivre jusqu’au bout. Je vous remercie.

Mars 2012

Questions posées et réponses recueillies par :

Mohamed Yahya Ould Ciré
Vatmë Mint Mohamedna

Soure: http://www.haratine.com/Site/ancien/interview8.htm

 

 

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