Au sein d’un amphithéâtre de l’EHESS, le samedi 26 octobre 2019, le mouvement antiféodal et anti-esclavagiste sous le vocable soninké GANBANAAXU FEDDE a pris part à la projection du court métrage réalisé par l’universitaire historienne Marie Rodet. Ce film sorti en 2014 avec le titre Les Diambourou : esclavage et émancipation à Kayes – Mali, est un travail historique très dense en enseignements sur les problématiques de l’esclavage intra- africain d’antan et ses séquelles contemporaines très vivaces (l’esclavage coutumier par ascendance) dans certaines communautés en Afrique de l’ouest notamment chez les soninkés.

 

Ainsi nos militants vivant en région parisienne ont été nombreux à être au rendez-vous du 26 octobre. Depuis quelques jours à travers nos supports de sensibilisation et d’éveil contre cette tare sociétale très ancrée chez certains milieux soninkés, nous recueillons d’innombrables témoignages très positifs venant de nos membres et sympathisants sur ce film : https://vimeo.com/245704895

 

À travers ce documentaire, notre engagement abolitionniste transnational en milieux soninkés, se trouve un appui considérable pour plus de visibilité médiatique dans certains cercles notamment universitaires. Nous saluons la disponibilité de la réalisatrice Marie Rodet de la SOAS de Londres, Mme Myriam Cottias du CIRESC et les services d’EHESS pour l’accueil. Nos remerciements à nos membres, sympathisants et à toutes les personnalités ayant répondu honorablement à notre invitation.

 

Nous avons eu connaissance que l’organisation IRA-Mauritanie appelle ses militants, sympathisants et tous les mauritaniens à participer massivement au sit-in qu’elle compte organiser le 31 octobre 2019 à partir de 12h, devant le ministère de la justice pour protester contre la détention  de neuf militants de l’opposition. Ils sont détenus depuis plusieurs mois sans procès dans la prison de Kaédi. Ils ont fait la grève de faim pour dénoncer cette détention illégale. Le procureur et le juge s’acharnent contre ces ressortissants de Lexeiba. Leur seul crime, est d’être des militants de l’opposition, qui ont barré la route aux barons du parti au pouvoir U.P.R dans la région du Gorgol pendant  l’élection présidentielle.

 

Nous avons appris que le jugement de ces « otages » de  Lexeiba,   séquestrés dans la prison de Kaédi  dans des conditions inhumaines depuis la proclamation des résultats post-électoraux du 22 juin 2019,  pourrait se tenir  le 5 novembre 2019 prochain, si bien évidement, cette date n’est pas repoussée une énième fois. Aucun d'entre eux n'a été arrêté dans une manifestation quelconque, tous, sont arrêtés sur dénonciation calomnieuse de cadres  U.P.R de Lexeiba, parce qu’ils n’ont pas digéré leur défaite  face aux candidats de l'opposition. 

Né en marge du Colloque International sur le thème «Droit et esclavage en Afrique de l’Ouest » tenu à Bamako du 16 au 18 octobre 2017, au Campus Universitaire de Badalabougou-nouveau bloc de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako, le Réseau G5 Sahel anti-esclavage est un mouvement anti-esclavagiste actif dans les 5 pays du Sahel et composé des associations engagées dans la lutte contre l’esclavage dans l’espace sahélien qui abrite malheureusement les derniers bastions d’une pratique abjecte d’un autre âge.  De sa création à aujourd’hui le réseau G5 Sahel anti-esclavage a tissé des relations avec des activistes et mouvement abolitionnistes, des chercheurs et organisations progressistes à travers le monde notamment au Sénégal, en Ile Maurice, en France, en Grande Bretagne.

 Le raffermissement de ces relations a été concrétisé par l’appel lancé à Niamey, à la communauté internationale en marge du colloque international tenu du 18 au 20 Décembre 2018. A travers une déclaration dit Appel de Niamey, les associations Timidria du Niger, IRA-Mauritanie, TEMEDT du Mali, FESTICHAMS du Burkina Faso, Enfant ARED du Tchad et Gran Lekol Filozofi de l’Ile Maurice après une analyse peu  reluisante de la problématique de l’esclavage dans les pays du Sahel ont exigé plus de rigueur  de la communauté internationales en prenant des mesures contre ceux de ces pays qui sont inertes dans la lutte contre ce phénomène parmi lesquels la Mauritanie.

 

Généralement dans le département du Ministère de la justice, ceux qui réussissent ce ne sont pas les praticiens du droit encore moins les techniciens du droit mais plutôt les théoriciens du droit. Tel est le cas de Mme la  ministre de la justice française, garde des sceaux (Nicole Belloubet), professeure de droit constitutionnel. Comparaison n’est pas raison, le Ministre mauritanien de la justice est également un théoricien du droit (qui a enseigné le droit depuis plus de 20 ans sur la planète terrestre), et qui connait particulièrement le département du Ministère de la justice et ces rouages. Car avant d’être nommé ministre de la justice, il fut chargé de mission dans ce même département depuis fort longtemps. Nous pensons qu’il est en mesure de reformer le droit mauritanien dans son ensemble afin d’adopter la justice « postmoderne », pouvant contribuer à améliorer le quotidien des justiciables mauritaniens. Car, que l’on soit riche ou pauvre, la justice d’une manière générale demande une économie : Une économie humaine, une économie financière, une économie de temps, une économie relationnelle, et une économie de paix sociale.