COMMUNIQUE DE LA COORDINATION DES ORGANISATIONS AFRICAINES DE LUTTE CONTRE L’ESCLAVAGE MODERNE

MALI : ARRESTATIONS DES ABOLITIONNISTES DE L’ESCLAVAGE ET DEFENDEURS DES DROITS DE L’HOMME

Notre coordination ,née de la volonté des Organisations Africaines engagées dans la lutte contre l’esclavage moderne de mener ensemble sur l’étendue du continent africain et dans le monde des actions de sensibilisation , d’information sur les conséquences de ces crimes sur le rapport entre les êtres humains et judiciaires pour faire condamner , sur la base des instruments juridiques internationaux, les auteurs de ces crimes contre l’humanité et leurs complices.

C’est à ce titre que notre coordination a été interpellée et saisie du cas des arrestations et placement en détention provisoire des militants de l’association Gambana Mali, abolitionnistes de

l’esclavage et défendeurs des droits de l’homme en vertu de la décision de Monsieur le Procureur de la République Près du Tribunal de grande instance de la commune 4 du district de Bamako pour incitation à la violence et injures dans le milieu Soninké.

L’incarcération des militants abolitionnistes membres de l’association Gambana est excessive , disproportionnée voire abusive en ce sens que cette association membre de notre coordination milite contre la traite et les nouvelles formes d’esclavage qui sont des injustices structurelles en ce qu’elles imposent une forme de relations d’oppression qui dénient la dignité humaine. Par le présent communiqué, nos organisations Panafricaines abolitionnistes rappellent respectueusement aux autorités maliennes qui leur incombe l’obligation de protéger les militants abolitionnistes, d’interdire l’esclavage et les pratiques analogues à l’esclavage.

Malheureusement et tristement , l’actualité immédiate nous interpelle et nous rappelle que la traite et l’esclavage colonial ne sont pas des crimes qui appartiennent a un passe révolu en Afrique.

Au regard des agissements des pratiques encore présentes et imputables à certaines entreprises,

des groupes de personnes qui volontairement font en permanence et toute impunité de l’apologie

de l’esclavage , l’arrestation et l’emprisonnement des militants engagés contre ces crimes contre l’humanité est assimilé à un encouragement à ceux qui entretiennent et encouragent les structures sociales inégalitaires et discriminatoires . Il convient de mettre fin à la répression judiciaire dont sont victimes Monsieur Cheick Oumar Yara et ses amis.

THEME III : LUTTE CONTRE LA DISCRIMINATION

LOI N° 2018-023 PORTANT INCRIMINATION DE LA DISCRIMINATION

CHAPITRE PREMIER : DISPOSITIONS GENERALES SECTION PREMIERE :

DEFINITIONS

Article premier : discrimination Au sens de la présente loi, la discrimination signifie toute distinction, exclusion, restriction ou préférence ayant ou pouvant avoir pour but ou pour effet de détruire, de compromettre ou de limiter la reconnaissance, la jouissance ou l'exercice, dans des conditions d'égalité, des droits de l'homme et des libertés fondamentales conformément à la charia.

Article 2 : discours haineux Au sens de la présente loi, le discours haineux signifie toutes déclarations publiques qui menacent, insultent, ridiculisent ou méprisent un groupe à cause de sa race, de la couleur de sa peau, de son origine ethnique ou de sa nationalité, de son handicap ou de son sexe.

Article 3 : groupe identifiable Est groupe identifiable, tout groupe du public qui se distingue par sa couleur, sa race, ou son origine ethnique ou son sexe. SECTION DEUXIEME : MESURES

INSTITUTIONNELLES

 Article 4 : prohibition de la discrimination Toute discrimination fondée sur l'appartenance ou la non-appartenance à une ethnie, une race, une langue est interdite. L'Etat assure le respect de ce principe dans le cadre des lois en vigueur.

 Article 5 : mesures spéciales Les lois, programmes ou activités destinés à améliorer la situation d’individus ou de groupes défavorisés sont des mesures spéciales positives qui ne sont pas répréhensibles.

Article 6 : interdictions En cas d'infraction visé par la présente loi, le condamné peut également être interdit, en tout ou partie, de l'exercice des droits civiques, civils et de famille pendant cinq ans au plus, conformément à l'article 36 du code pénal.

Article 7 : imprescriptibilité Le racisme, la discrimination et autres formes de discours de haine liés à la race sont des crimes imprescriptibles.

Article 8 : l'action publique Le procureur de la République peut prendre d'office l'initiative de poursuivre l’auteur du crime raciste, sans intervention préalable de la personne ou du groupe de personnes qui en ont été victimes.

Article 9 : journée d'éradication de la discrimination Une journée nationale est consacrée à la lutte contre les pratiques discriminatoires. Cette journée et ses modalités sont définies par décret.

CHAPITRE DEUXIEME : DU RACISME

Monsieur le Président de l'Union Africaine Adis Abeba Ethiopie

Paris, le 04 janvier 2021

Monsieur le Président,

L’ONG Waraba Afrique est sensible au sort des milliers d’africains et africaines dont la survie est un défi quotidien pour tenter de s’affranchir des graves crimes commis à leur encontre. Par la présente, notre Organisation Panafricaine a estimé devoir demander à l’Union Africaine à s’impliquer davantage dans des initiatives urgentes et immédiates pour éradiquer l’esclavage en Afrique et mettre fin à d’autres formes d'atrocités commis sur notre continent. En effet, les victoires enregistrées dans le combat mené contre ces crimes, depuis les premières civilisations humaines, ne doivent pas faire oublier l’échec de l’humanité, en particulier en Afrique et qui se traduit par la persistance de l’esclavage. Les nouvelles formes d’asservissement et autant d’autres tragédies prouvent que l’humanité n'a pas tiré toutes les leçons des horreurs de son histoire récente.

Malgré les engagements pris par la communauté internationale au lendemain du second conflit mondial , la déclaration Universelle des Droits de l'Homme et la ratification de tous les Etats des obligations internationales sur la protection des Droits de tous les migrants qui interdisent la traite humaine, toutes formes d’asservissement et la torture , des peuples d’Afrique subissent encore l’esclavage tandis que d'autres , notamment des jeunes ,en situation de pauvreté extrême, donc vulnérables, victimes des formes contemporaines d’asservissement , sont contraints de fuir des situations humainement insoutenables. Des envoyés spéciaux des Nations Unies avaient constaté et fait état dans leur rapport de 1996 d’« une augmentation effrayante de l’esclavage, du commerce des Esclaves et du travail forcé en Afrique ».

Deux journalistes du Baltimore SUN, auteurs d'un article sur le sujet, rapportent des témoignages qui indiquent « avoir réussi à acheter des êtres humains et que des peuples continuent de subir et de vivre dans l’horreur ». L’actualité continue à relater des refoulements massifs et des violences « des personnes laissées à la dérive en pleine mer pendant une longue période souvent sur des canots surchargés « et qu’en 2020, la presse internationale fait état des refoulements, décidés par un pays africain, des milliers d’émigrants et demandeurs d'asiles vers le Niger lors des rafles en séries de personnes de plusieurs nationalités pour la plupart des africains subsahariens ». L’impunité de ces crimes et d'autres violations commis sur le territoire africain sont intolérables et doivent cesser.

« Selon les échanges que j’ai eus  avec les hautes autorités  politiques  du pays, il y aura dans moins d’une semaine, une proposition de dialogue et de concertation par thématique »

Après les élections présidentielles  de 2019, votre mouvement continue-t-il  sur la même dynamique de contestation et de dénonciation des violations  des droits de l’homme en Mauritanie ?

Biram Dah Abeid : Je vous remercie infiniment. En effet ,  notre mouvement IRA -MAURITANIE est toujours animé des mêmes objectifs  et de manière inlassable, objectifs qui sont :  la fin du racisme domestique et d’ Etat,  la  fin de l’esclavage ,  la rupture avec les violations de droits de l’homme  et  avec tous les anachronismes,  tous les restes  de l’arbitraire au sein de l’appareil d’Etat  mauritanien.  Donc nous restons sur cet objectif, sur ce programme, sur cette ligne.  Néanmoins,  le pouvoir a changé  de fusil d’épaule.  Comment le pouvoir a changé de fusil d’épaule ? : Du temps d’Aziz  c’était l’attaque frontale, la violente physique morale politique et sociologique  contre les défenseurs  des droits de l’homme  que nous sommes, contre le parti Rag. Depuis son  arrivée au pouvoir,  le  président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani  a adopté une nouvelle approche dans ses rapports avec nous.  Il  dit  mettre  fin aux campagnes de diabolisation dont  son prédécesseur faisait tous azimuts  contre IRA   et contre le parti Rag.  IRA n’est plus traitée  dans le discours  officiel comme ennemi de la République, de l’islam, de la nation, un  valet  des  juifs et  des impies,   comme 5eme colonne de l’occident.  IRA et le parti Rag ,  leurs dirigeants  et leurs  militants ne  sont plus traités  et considérés   comme des pyromanes ,  des racistes, des violents, des criminels, dans le discours  officiel .

 

 Il l a été mis fin aux arrestations,  aux harcèlements,  à  la  torture des gens de IRA du moins jusqu’à   présent,  jusqu’à  preuve  du contraire.  Il a été mis  fin à  la privation de IRA, du parti  Rag, et de leurs militants  de se réunir , du droit de  contact avec leurs  partisans  à  Nouakchott  et à  l’intérieur  du pays. Comme vous le savez, nous étions interdits  de déplacement à l’intérieur du pays  sous l’ancien régime, sauf pendant les moments d’élections.  Maintenant  IRA et le parti  RAG se réunissent  au grand jour ,  tiennent  leurs  conférences  de presse au grand jour où  ils veulent et quand il veulent ; ceci tranche beaucoup avec le temps de l’arbitraire ;  Et aussi nous sommes  entrés   dans une phase de règlement  des  tares  de la gouvernance  démocratique et en concertation avec le pouvoir.  C’est pourquoi on a discuté avec le pouvoir et on a réussi à obtenir le système  déclaratif pour les associations.  Désormais  il  n’y aura  plus d’organisations  non reconnues dès  que cette loi qui a déjà  passé par le  parlement, entre en vigueur.  Avec la même démarche, on   va  apporter au régime   des partis politiques la même dose et  le même apport pour normalise la situation de tous les groupes et mouvements  politiques et des droits de l’homme.  Donc cette phase va inaugurer le règlement et la normalisation de la situation de tous les partis et mouvements qui étaient interdits ou non autorisés ou non   reconnus. 

 

La cour criminelle de Nouakchott vient de condamner le  président du groupe d’extrémistes  féodaux Soninké ; qui se dénomme « Tounka Lemou koffo », c'est-à-dire « Rassemblement de Féodaux Esclavagistes » et certains  de leurs caciques qui inondent les réseaux sociaux d'injures esclavagistes; qui abusent du site Mauritanien Cridem avec du faux et usage de faux. Certains membres et le président du groupe font  l’apologie de l’esclavage publiquement depuis plusieurs années en toute impunité.  L’affaire a été jugée le 19 novembre 2020 et  délibérée aujourd’hui 03 décembre 2020.

 

Leur président Boubacar Camara et Oumorou Camara ont pris un an avec sursis, Bouthié Dioumassi et Bouyé Dembélé ont écopé un (1) de prison ferme et 250 mille  ouguiyas d’amende chacun. Le président Boubacar Camara aurait pris la fuite pour la France, pensant qu’il va  échapper  à la justice mais il se trompe lourdement.

 

Le dénommé Fousseinou Camara très virulent sur les réseaux sociaux  écope six (6) mois de prison ferme et 200 mille ouguiyas d’amende. Lui aussi aurait pris la fuite pour la France et continue à narguer la justice de son pays. Voila toute la lâcheté de ces ignobles pervers vagabonds  féodaux du Guidimakha. Ils sont soutenus par certains cadres de l’UPR dans la région, qui ont fait d’eux un électorat qui veut asseoir la continuité de l’esclavage coutumier par ascendance dans le milieu Soninké. Nous  ne comprenons pas comment ces individus ont pu échappés à la Cour chargée de juger les crimes de l'esclavage?

 

Nous appelons à mettre fin aux activités de ces criminels endurcis dans le grand banditisme dont l’ultime  but est d’humilier les victimes de l’esclavage, qui ont du mal à effacer les lourdes séquelles qu’elles trainent dans les villages. Nous exigeons que le tribunal de Selibaby mette fait aux faux procès qu’ils déclenchent et engagent contre les victimes de l’esclavage par ascendance avec la complicité du procureur pour  les humilier  d’avantage.   

 

Lâcheté féodale sans limite, ils ont fui  abandonnant femmes, enfants, villages qu’ils prétendaient « défendre » et leur pays. L’esclavage est un crime contre l’humanité chers messieurs.