À l'occasion de la journée nationale contre l'esclavage et ses séquelles en Mauritanie organisée ce 6 Mars 2018 à Selibabi, la capitale régionale du Guidimagha, le fond de discours de certains intervenants mérite un recadrage circonstancié. Censée être un événement citoyen de sensibilisation sur l'arsenal pénal relatif aux pratiques de l'esclavage et ses séquelles, contenu dans la loi 2015-031, la journée a pris le parfum d’un rendez-vous politique qui plane. Nous, ARMEPES-France (Association des ressortissants mauritaniens pour l'éradication des pratiques de l'esclavage et ses séquelles) ayant pris part officiellement auprès de nos partenaires locaux du mouvement GANBANAAXU FEDDE* (AMEES ET UVDS) dans cet événement historique, tenons à clarifier certains points énoncés nous concernant particulièrement.

Nous avons été surpris d'entendre le conseiller à la présidence issu de la communauté soninkée, Mr Sidney SOKHONA dire dans son allocution qu'il avait été dépêché en France sur ordre du président mauritanien courant novembre 2017  afin de s'intéresser aux débats houleux  au sein de la diaspora soninké. Et qu'il s'était entretenu avec notre président Gaye TRAORÉ à ce propos. Effectivement cette rencontre a eu lieu mais dans un cadre strictement officieux à notre sens, car Mr Sokhna s'était manifesté comme une personnalité soninké et non comme étant en mission officielle venant de notre président , son excellence Mohamed Ould Abdelaziz. En toute logique, une note de doléances avait été adressée

 

captures d’écran de ses comptes Facebook et YouTube

Nous alertons les autorités compétentes sur le cas d’un individu camouflé derrière un profil Facebook et YouTube du nom de « demba soumare ». Depuis quelques temps cet élément que nous soupçonnons d’être issu des milieux féodaux extrémistes et communautaristes soninké, s’est lancé dans une campagne diffamatoire et mensongère contre notre activisme pacifique de sensibilisation et de conscientisation sur les séquelles esclavagistes dans la communauté soninkée. Il utilise ces canaux de diffusion pour colporter et salir nos militants et notre mouvement citoyen à travers le monde. Via son compte YouTube, il a instrumentalisé les propos de l’accord amiable entre notre doyen Demba Diarra et ses opposants au sein du tribunal à Selibaby.

Nous demandons les autorités sécuritaires et judiciaires en Mauritanie pour que cessent les sabotages et les harcèlements virtuels de ce type à notre encontre. Pour rappel, le cas de notre doyen Demba Diarra a été pris en charge par le procureur de Selibaby qui avait clos l’affaire à huit clos. Aujourd’hui ce type lâche et menteur se permet de diffuser publiquement ce qui a été dit dans ces circonstances intimes d’entente et de réconciliation.

■De ce constat, nous nous réservons le droit d’entamer sous peu des démarches de vérification en préparant un dossier de preuves à adresser aux autorités administratives.

■L’activisme extrémiste de ce monsieur ne peut être ignoré parce qu’il porte à atteinte à l’ordre public en provoquant et en injuriant gratuitement des militants pacifique.

Le 5 mars 2018, à la veille de la Journée nationale contre l’esclavage, plusieurs centaines d’Imams du Guidimagha issus de toutes les composantes de la région, Maures, Peulhs et une écrasante majorité de Soninkés, ont eu droit à un cours magistral sur la Loi 2015-031 criminalisant l’esclavage, en plus de cours théologiques sur l’Imamat et la Prêche, en particulier la Fatwa émise par les Erudits de Mauritanie. Cette journée a été organisée par l’Association pour le développement intégré du Guidimagha (ADIG) en collaboration avec le Bureau International du Travail (BIT).

Hamada Bneijara debout au milieu des imams réunis en groupe de travail (Photo Aidara)

En partenariat avec le BIT, l’ONG ADIG a organisé le 5 mars 2018 à Sélibaby, une Journée uniquement réservée aux Imams de mosquée du Guidimagha. Près d’une centaine de participants, dans une région majoritairement peuplée de Soninkés en bute à des défis sociaux énormes liés à la persistance des castes et les privilèges de naissance pour la conduite des prières. Une situation que les classes serviles cherchent aujourd’hui à renverser.

C’est donc dans un contexte tendu, exacerbé par des heurts sociaux qui ont secoué quelques localités du Guidimagha, notamment Dafor et Coumba Ndaw, que la journée du 5 mars a été ouverte par le Wali du Guidimagha, Diallo Oumar Amadou, en présence du Hakem et du Maire de Sélibaby, ainsi que les représentants des autorités sécuritaires.