Communiqué d'alerte

 

Guidimagha/Mauritanie - La complicité des autorités régionales avec le régime féodalo-esclavagiste soninké : Encore un emprisonnement injuste et abusif à Sélibaby]

 

Nous apprenons ce soir, la mise en détention de Monsieur Boundaouda Ali Sidibé connu aussi Samba Ali Sidibé à la prison de Selibaby dans la région Sud Mauritanien. Depuis 3 mois, ce militant anti - régime discriminatoire et ségrégationniste de la féodalité soninké fait face un acharnement administratif et judiciaire dans son village Agoinit dans la commune d'Ajar. Un clan féodal appelé gangari instrumentalise certains assignés  comme Esclaves statutaires pour sévir et contrer les citoyens qui refusent le statut d'Esclaves dans la communauté. Monsieur  Sidibé âgé d'une soixantaine d'années fait partie de l'engagement citoyen et humaniste Ganbanaaxu Fedde pour l'égalité en DROIT et en Dignité.

 

Et l'ordre dominant coutumier s'est dressé contre lui et ses partenaires abolitionnistes par des manigances mensongères avec une certaine couverture des autorités régionales. Après plusieurs tractations nébuleuses entre les gendarmes au village, à Wompou et le procureur/le cadi à Selibaby et les lobbies féodaux, ce monsieur a été mis derrière les barreaux ce lundi 15/7/2019.

Comment s’opposer à un holdup électoral en ayant peur de manifester pour ne pas ramasser des coups de matraques, grenade lacrymogène voire des balles perdues dans la rue? Comment se faire entendre par un état pour libérer les militants de l’opposition arrêtés arbitrairement, lever l’état de siège où transmettre ses doléances à l’autorité publique sans un contact, échange, rencontre ou dialogue avec cette même autorité ? Quel genre de combat va mener les opposants au pouvoir en Mauritanie maintenant ?

 

Quelle arme dispose aujourd’hui l’opposition face à un régime qu’elle accuse d’un Holdup électoral ? Certains opposants ont fermé leurs portes, bientôt suivront leurs fenêtres pour s’isoler définitivement. Certainement, retour à la vieille méthode, ces fameuses négociations clandestines en cachette avec le pouvoir sur le dos des électeurs. Voila la grande traîtrise qui se dessine petit à petit tout doucement. Faire du bruit pour ne rien dire, qui ne sortira pas les mauritaniens dans la crise postélectorale. Il faudra sortir de l’opposition dans mon salon, dans les médias ou réseaux sociaux.

 

Si vous n’installez pas un bras de fer par la rue ou par le dialogue, croyez-vous se faire entendre avec ces coups de gueules médiatiques, versant des larmes qui font rire le pouvoir? On ne combat pas un pouvoir avec des sentiments, bien au contraire, il faudra créer une situation qui débouche vers un bras de fer politique en permanence sur le terrain avec son adversaire. Certains petits malins pensent que c’est aux medias de mener la bataille à leur place.

Mauritanie : Diallo Mamadou Bathia président du Conseil Constitutionnel justifie la fraude de l’élection présidentielle en sachant que sa décision restera sans recours possible. Voila une dictature juridique qui ne dit pas son nom?  Bourrage de 455 bureaux de vote en faveur du seul candidat, Mohamed Cheikh Ould El-Ghazouani.

Lors de la conférence de presse, le responsable des opérations électorales au sein de la campagne du candidat Biram Dah Abeid a passé en revue des exemples des "violations" qu'ils ont relevées. "Nous avons reçu certains PV avec un taux de participation à 100%, ce qui a attiré notre attention. Nous nous sommes dits qu'au lieu de vérifier nos PV, il serait plus pertinent de vérifier la base de données publiée par la Commission électorale et de l'étudier en profondeur".

 

« Le responsable a ajouté que la recherche a révélé que 11 bureaux présentent un taux de participation supérieur à 100%. Or, remarque-t-il, "dans ces bureaux, Ould Ghazouani a recueilli 93% des suffrages", ajoutant que l'approfondissement de la recherche a conduit à la découverte de 455 bureaux de vote où le taux de participation dépasse 90%, affirmant que "ces bureaux ne se situent pas dans les capitales régionales, mais sont dispersés à travers la Mauritanie et dans des zones isolées et difficiles."

La Mauritanie a présenté son deuxième rapport sur le pacte international relatif aux droits civils et politiques devant le Comité des droits de l’homme le 04 et 05 juillet 2019. Les experts des Nations Unies ont soulevé beaucoup de questions qui sont restées sans réponse malheureusement par la délégation Mauritanienne. Les questions liées surtout au passif humanitaire et l’esclavage n’ont pas trouvé de réponses.

 

-Les experts ont  mis l’accent sur l’absence des données statistiques fiables sur les victimes de l’esclavage, une situation  qui dessert plutôt la Mauritanie selon leur remarque très claire.  Il a été question pourquoi IRA Mauritanie dirigé par Biram Dah Abeid n’est pas reconnue ? La réponse du ministère de l’intérieur a  suscité la réaction  des experts et  toute la salle en disant qu’IRA-Mauritanie est une organisation à caractère ethnique, la loi l’interdit  une telle structure dans le pays. Les experts reviennent à la charge, une organisation qui défend les droits des minorités, n’est pas contraire au pacte signé par la Mauritanie. Les minorités ont droit de s’organiser pour se défendre.

 

-Le cas du jeune Lamine Manghane a été soulevé, les parents attendent toujours que  justice leurs soit rendue. La réponse du ministère de la justice était tout simple invraisemblable, à savoir que le procureur de la république a classé l’affaire sans suite comme s’il s’agissait d’une banale affaire d’un vol à l’étalage. Les experts ont rappelé à la délégation Mauritanienne qu’un procureur ne peut classer une affaire criminelle sans rendre justice. Mieux, toute la Mauritanie sait que le jeune Manghane a été tué par un gendarme à bout portant à Maghama lors d’une manifestation contre l’enrôlement biométrique discriminatoire.