Grâce pour les députés d’IRA : une décision vivement contestée par le président Birame Dah Abeid et les intéressées

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SORTIE DEPUTEES PRISON NJPEG

Alors qu’elles venaient d’être jugées en Appel et condamnées à deux ans de prison et la perte de leurs droits civiles et politiques pour 5 ans, les députées Marième Cheikh Dieng et Ghamou Achour ont été grâciées par un décret présidentiel alors que leurs avocats s’apprêtaient à saisir la dernière instance judiciaire, la Cour Suprême. Une décision qui prend tout le monde de cours et qui interroge sur les motivations de cette grâce non sollicitée ni par les prévenues ni par leur défense.

Réactions des députées et du mouvement IRA

A peine libérées de prison, vendredi 10 juillet 2026, les députées Marième (et son bébé) ainsi que Ghamou ont été accueillies par une foule de militants de leur organisation, l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) présidé par le député Birame Dah Abeid, lauréat du Prix des Nations Unies pour les droits de l’homme et de plusieurs autres distinctions internationales, deuxième homme fort du pays à l’issue de trois élections présidentielles.

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Dès leur sortie de prison, les deux députées ont « craché » sur la grâce présidentielle et ont affirmé qu’elles poursuivront leur combat contre les injustices et les dérives du pouvoir, prêtes jusqu’au sacrifice suprême. Marième Cheikh ira jusqu’à affirmer qu’elle et Ghamou n’ont jamais demandé cette grâce et qu’elles ont l’impression que c’est Ghazouani lui-même qui était en prison, pressé d’en sortir, mais que son tour viendra et que c’est lui qui ira en prison en fin de compte.

Birame Dah Abeid a également fait plusieurs sorties pour dénoncer «un coup fourré» fabriqué par le pouvoir pour se sortir de l’impasse dans lequel il s’était enfermé en emprisonnant deux députés encore sous immunité parlementaire et sans aucune voie légale.

Selon lui, le décret annonçant la grâce présidentielle viole toutes les procédures légales, en premier lieu la Constitution mauritanienne. En effet, il soutient que la grâce devait intervenir lorsque toutes les voies de recours auraient été épuisées, mais non avant. En effet, après la cour d’Appel qui avait, au cours de son audience du mercredi 8 juillet 2026, réduit de deux années la peine prononcée en première instance, le dossier allait atterrir sur la table de la Cour Suprême.

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D’ailleurs, cette procédure n’empêche en rien la saisine de la Cour Suprême, car les avocats des deux députées se sont engagés à poursuivre le dossier jusqu’au dernier recours. Ces derniers sont en effet persuadés que les poursuites engagées par la justice mauritanienne contre leurs clientes sont infondées, car basées sur des présomptions de culpabilité dès le départ et un flagrant délit qui n’a existé nulle part.

Le dossier a été monté de toutes pièces selon les avocats de la défense et les militants d’IRA sur la base d’une série de violations perpétrées par la justice contre des droits garantis par la Constitution, tels que le droit à l’expression et le droit d’opinion.

Peines effacées mais perte des droits politique et civil

Les partisans du mouvement IRA, leur président en tête, estiment que l’objectif de la machinerie politico-judiciaire montée contre les deux députés, ne visait qu’un seul objectif : jeter les deux dames hors de l’hémicycle et les exclure du débat public. Pour une durée de 5 ans.

Il faut souligner que durant les deux années de leur magistrature, Marième Cheikh Dieng et Ghamou Achour étaient devenues les cauchemars des membres du gouvernement et des béni oui-oui de la majorité parlementaire.

Leurs interventions étaient toujours salées-pimentées, avec un langage que beaucoup trouvaient de bas-enclos mais qui représentaient en définitive la voix des milliers de Mauritaniens lambda, avec des propos directs, populeux, rudes, débarrassés des convenances de l’élite trop asseptisées et d’une bourgeoisie compradore habituée aux éloges des dirigeants.

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Ce sont ces voix discordantes nées au bas-fond du peuple qui dérangeaient, au milieu de tant d’autres mielleuses, malhonnêtes et auréolées du sceau du conformisme ambiant. Les voix de Marième Cheikh et de Ghamou Achour sentaient la populace reclus des taudis de PK, de Mellah, de 6ème, 5ème, Tarhil. Celles que les résidents des palais feutrés de Tevragh-Zeina ne voulaient plus entendre.

Il faudrait juste se demander si, au cas où Marième Cheikh serait dépouillée de son mandat, sa suppléante ne serait-elle pas pire ? En effet, sa suppléante n’est autre que Habi Mint Rabah, une ancienne esclave libérée par IRA en 2008.

En entendant, Birame a sorti de nouveau son tambour de guerre. Pour lui, la bataille ne fait que commence, soulignant que Marième Cheikh, Ghamou Achour et tous les Mauritaniens épris de justice, ne baisseront pas les bras devant la domination brute et la banalisation des institutions de la République. Et de poser une question : « puisque Ghazouani est si généreux et qu’il distribue les grâce en veux-tu en voilà, pourquoi ne grâcie-t-il pas l’ancien président, Mohamed Abdel Aziz, malade, privé d’air, de soleil, de promenade et de visite »?

Cheikh Aïdara

Source: https://www.lauthentic.info/Gr–ce-pour-les-d–put–s-d—IRA—une-d–cision-vivement-contest–e-par-le-pr–sident-Birame-Dah-Abeid-et-les-int–ress–es

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